Leurs ombres centenaires.   
Galerie de l’UQÀM, Montréal, QC
16 mai - 16 juin 2018

Le corpus de sculptures déployé dans l’exposition Leurs ombres centenaires est issu
d’un processus de pression d’argile fraîche à même la surface d’architectures historiques.
Les masses ainsi formées ont été cristallisées par le biais du moulage. Elles portent tantôt
le sceau du bâtiment et celui du geste de pression effectué, tantôt celui des coulées du verre
ou de la dentelle du moule. Ces caractéristiques nous renvoient à la fluidité que la matière adoptât
jadis, et pourrait adopter à nouveau. La technique du moulage est ainsi associée à une manière
de voir le monde en mouvement, en imaginant son potentiel de transformation comme étant
sculptural en soi.

Le procédé renvoie à celui du cataplasme, thérapeutique ancienne qui consiste à appliquer
sur une partie du corps un mélange d’argile et de plantes ayant la propriété d’absorber les toxines
en activant la circulation sanguine. Le cataplasme, proche de la technique du moulage, devient ici
un procédé de recueillement par lequel sont transférées des énergies (au sens beuysien du terme)
capables de traverser la pierre, l’argile, le verre.

Dans le contexte d’une société habitée – plus que jamais – par le mythe de la transparence,
il est question de s’aventurer dans les zones d’ombres en cherchant à tâtons d’autres rapports à
l’histoire et à sa matérialité.


Cataplasmes : verre coulé / pâte de verre / grès.
Dispositifs : acier plié à chaud, laine teinte à la main partir de feuilles d’indigo japonais et
de fleurs d’anthémis (camomille des teinturiers).


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Cartel: titres et plan de salle